Il y a quelques mois, lors d’une projection débat d’un film sur les placements équitables, j’ai devant une centaine de personnes
annoncé la crise actuelle.
Lors de cette prise de parole, j’avais clairement prévu la crise de confiance envers les états.
C’était hélas tout à fait prévisible, et je ne comprends pas l’autisme et l’attentisme des gouvernements européens et d’Amérique du
Nord. En effet, tout permettait de prévoir une crise majeure dans les mois qui arrivaient.
Pas une crise nouvelle, mais la suite de la crise de 2008, une réplique beaucoup plus puissante et dévastatrice. Cette crise est la
résultante de non-choix fait par nos politiques. En effet la crise financière de 2008 annonçait la fin d’un cycle, comme la crise de 1928 et la crise des années 70.
Après 1928, le modèle libéral fut petit à petit abandonné au bénéfice d’un modèle keynésien.
Le modèle keynésien avait garanti pendant les 30 glorieuses, le plein emploi et la croissance au prix d’une inflation entre 4 %et 6 %.
Au début des années 80, mise en difficulté par l’accélération des échanges internationaux, le modèle keynésien fut remplacé par l’arrivée triomphante du néo-libéralisme.
Aujourd’hui nous assistons à la fin d’un cycle, le néo-libéralisme s’écroule de lui-même, nous devons penser, imaginer un nouveau
système économique.
Ce nouveau modèle devra à la fois corriger les dérives du néo-libéralisme et faire preuve de pragmatisme en tenant compte de la
mondialisation.
Non à la règle de plomb
La pseudo règle d’or est un miroir aux alouettes, elle est économiquement dangereuse et politiquement injuste.
Une règle inapplicable :
Durant ces quarante dernières années, la France a été en déficit quasi constant. Les deux périodes de pics de déficits furent le
gouvernement Balladur ( avec comme ministre du budget un certain Nicolas Sarkozy) et le gouvernement actuel.
Notre président est, en tant que président et ministre du budget sous le gouvernement Balladur ,le pire gestionnaire depuis quarante
ans, personne n’a autant creusé le déficit français que lui.
Aujourd’hui, il voudrait refaire sa virginité budgétaire en instaurant pour le futur une règle d’or. Il promet pour le futur l’exact
inverse de ses actes actuels. Curieux et difficilement crédible et même impossible.
Impossible pour trois facteurs :
- Le poids de la dette de la
France a fortement accru, les intérêts représentent l’équivalent de l’impôt sur le revenu. C’est une dépense en pleine augmentation.
- L’inquiétude sur la possibilité
de remboursement des prêts pousse les investisseurs à renchérire le coût de l’argent, c’est à dire à augmenter les taux d’intérêts, les charges d’intérêts vont donc augmenter.
- La crise va impacter la
croissance et forcément la limiter voire l’annuler, il n’y aura pas d’augmentation de recette fiscale générée par le dynamisme économique.
On le voit, le poids de la dette va entraîner une augmentation automatique des dépenses de l’état et la crise va limiter les recettes.
Comment dans ces conditions espérer un retour à l’équilibre, il est tout simplement impossible.
Une dette non remboursable :
La dette représente aujourd’hui environ 85 % du PIB, elle va encore progresser de quelques points pour atteindre autour de 90 % d’ici
fin 2012. Cette dette s’est constituée en 30 ans, avec deux pics très forts : celui de 1992-95 ( Nicolas Sarkozy ministre du budget ) et notre période actuelle.
Pour désendetter la France, il ne faut plus non seulement de déficit budgétaire, mais dégager des excédents.
Comment peut-on promettre une politique de désendettement qui devrait durer au moins 30 ans, avec comme condition une croissance assez
forte et aucune crise économique et/ou militaire importantes.
Nous sommes aujourd’hui en pleine crise, le remboursement des intérêts de la dette représente le deuxième poste budgétaire et il est
en pleine augmentation. Dans ces conditions la dette est tout simplement non remboursable.
Une hérésie historique :
La règle d’or permettrait de maintenir artificiellement en vie, un monde, un modèle économique en train de s’effondrer. Notre modèle
actuel reposait sur une politique néo-libérale, or ce modèle s ‘effondre sous nos yeux.
On demande aux citoyens de faire des sacrifices énormes pour maintenir par acharnement thérapeutique un paradigme économique
appartenant de fait au passé.
Nous assistons à l’impossibilité du président Sarkosy de réaliser la situation actuelle. Il était l’homme de libéralisme, l’ami des
puissants, l’homme de bouclier fiscal, il ne peut réaliser que son modèle économique est en fin de vie.
Un contre sens économique :
La règle d’or générait, si elle était appliquée, des sacrifices énormes. Une réduction drastique des dépenses signifie des coupes
sombres dans l’éducation, la santé, la police. Moins d’enseignants, d’infirmières, de policiers, et un monde de plus en plus dur et difficile à vivre.
Cette politique d’austérité entraînerait un recul de la croissance et une augmentation du chômage avec in fine un tour de vis
supplémentaire pour les comptes sociaux.
Cette règle nous mène vers une crise durable, voir des risques importants d’explosions sociales potentiellement très violentes.
Et autant de sacrifice, de risque pour à la fin, rien, avoir raté le tournant de l’histoire. Nicolas Sarkozy se comporte comme
la réincarnation de Herbert Hover. La règle d’or au niveau européen serait notre loi Hawley-Smoot , une formidable et terrible machine a accéléré et à accroître la crise.
Au contraire, il nous faut être actif, imaginé à la manière de Franklin Roosevelt, un autre modèle, une autre économie.
Une injustice pour le peuple :
La situation actuelle est née d’un lobbying important des banques et des grandes entreprises.
Nous avons assisté à un discours de toujours moins d’impôt et au niveau européen à une mise en concurrence des états.
Au niveau national, notre déficit se creusait au fur et à mesure des niches fiscales et des réductions d’impôts. Aujourd’hui une
personne touchant le SMIC supporte un taux de prélèvement largement supérieur ( autour de 42 %)au personne touchant plus de 100 000 euro par mois (autour de 35 %).
Les multinationales comme Total paie bien moins d’impôts que le petit restaurateur ou l’artisan plombier du quartier, le monde marche
sur la tête.
Au niveau européen, la France est le plus gros contributeur après l’Allemagne à l’Union européenne, nous avons financé l’Europe pour
que l’Irlande, les pays baltes, les ex pays de l’Est puissent faire du dumping social et fiscal. On leur donnait de l’argent pour qu’ils puissent attirer nos entreprises, nous avons financé nos
départs d’entreprises, c’est de la folie.
Et comme avec la mise en concurrence des états, le niveau de vie des citoyens et les recettes étatiques stagnaient, les banques eurent
les même réponses : Continuez la politique de baisse des impôts et de concurrence acharnée, Ne vous inquiétez pas, nous allons financer l’économie par les prêts.
Et aujourd’hui alors que la situation catastrophique est née d’un lobbying acharné des grandes puissances de l’argent, on demande au
peuple de se sacrifier. Ayons le courage de dire NON.
Vers une sortie de crise
En 2008, si les gouvernements avaient voulu ouvrir les yeux et mettre en place des outils de contrôle de la finance, nous aurions pu
peut-être éviter la situation actuelle. Hélas au nom du dogme libéral, ils n’ont rien voulu comprendre.
Nous devons aujourd’hui sortir du carcan du néo-libéralisme et inventer de nouvelle voie, de nouvelles règles économiques.
Je propose de mutualisé les dettes des états de la zone Euro, et la reprise des dettes par la banque centrale européenne. La
banque centrale européenne se chargeant d’échanger les dettes contre un crédit obligataire sur 40 ans avec un taux d’intérêt calqué sur le taux d’inflation.
La dette des états serait donc annuler, les budgets redeviendraient excédentaire ( en France la charge de la dette représente environ
15 % du budget et en augmentation très rapide). Et par partir de cette situation, il conviendrait d’imposer aux Etats d’avoir un budget excédentaire, cet excédent étant reverser à la banque
centrale européenne.
Il conviendrait aussi de prévoir des exceptions à cette règle en cas de crise économique ou militaire grave.
Bien sur, il conviendra de mettre en place un vrai gouvernement économique européen, dont la priorité sera de fixer un niveau
d’imposition minimum et un taux de prélèvement social plancher afin d’éviter que l’Europe finance les délocalisation comme actuellement.
Bien sûr les tenants de l’ordre ancien, les amis des puissants crieront à la folie, à l’hérésie mais qu’ont ils à proposer, rien sinon
nous envoyer dans une crise majeure mondialisée et dont personne ne peut prévoir les conséquences.
Aujourd’hui, il est temps de mettre l’économie au service de l’homme et non plus au service de la finance internationale.